LA PETITE BOUTIQUE DE MEDUSA
SCREAM n°15

SCREAM n°15

11 EUR
Décidément, la famille Denis est une famille en or (pardon pour la réf.) : dans la maisonnée, je demande le père – Eric, et la fille – Emilie, qui enquillent les numéros de Scream sans sourciller ni bavarder alentour. Fanzine aux multiples séries, né à l’entame des années 80, Scream ne s’adresse qu’aux vrais connaisseurs, peinards dans leurs cavernes et loin du babillement des réseaux. En effet, le fanzine d’Eric Denis a construit sa belle réputation dans la régularité métronomique de ses parutions et la passion simple de son boss pour le cinéma bis. Point barre. Dans son opus 14 (juin 2018), Eric nous causait ainsi des Mad Max à l’Italienne, et voici qu’il revient dans la Botte cet automne, pour un volume 15 entièrement sacrifié à Nicoletta Elmi. Qui ? Nicoletta Elmi, gamine maléfique (ou pas) du cinéma bis italien, redhead qui dira forcément quelque chose au client du rayon, sans que l’on mette d’emblée un nom sous la bobine de la rouquine. En parcourant la carrière de la donzelle, on s’aperçoit que la petite Nicoletta fut d’abord une comédienne-enfant, avant que d’être une comédienne-tout court : souvenons-nous de La Baie Sanglante et du Baron Vampire si l’on cause Mario Bava – elle n’a alors que 8 ans -, de Qui l’a Vu Mourir ? et d’Emilie, l’Enfant des Ténèbres (dans des rôles plus substantiels), ou des Frissons de l’Angoisse bien sûr, dans la peau d’une étrange enfant s’amusant à torturer les insectes… Bien sûr, il y eut le cas Demons en 1985 (la belle ouvreuse du Metropol, transformée plus loin en goule déchaînée), mais le parcours de Nicoletta Elmi reste définitivement attaché aux seventies, et à cette bizarre angélité d’un minois tout à la fois innocent et inquiétant. Bref, une telle actrice méritait bien pareil dossier, 50 pages richement illustrées, fabriqué selon les règles de la maison : approche chronologique des faits, synopsis et avis critique à chaque film évoqué, tout cela commandés par la bienveillance contagieuse d’Eric et d’Emilie. L’enthousiasme aussi, qui pousse père et fille à fuguer parfois, et à sortir des clous pour déclarer leur flamme au Frissons de l’Angoisse ou à La Baie Sanglante : les films deviennent alors prétextes à des envolées critiques plus denses, qui sont largement bienvenues pour tout dire. On sent en ces pages un stylo plus libre, affranchi de son objet principal, comme on perçoit cette volonté de faire famille autour du cinéma populaire, quand Eric partage sa passion pour telle édition DVD ou telle publication bis du cru… Oui, s’il ne doit en reste qu’un au pays des gens sympas et des fanzines sincères, c’est bien Eric Denis et toute la collection Scream
David DIDELOT (c) Toxic Crypt.

Numéro 15 disponible contre 7 euros + 4 euros de participation aux frais de port